À peine le lendemain du 15 août, je me mis à réfléchir sur la situation des langues au Nunavut. Le Nunavut est un territoire peuplé majoritairement par les Inuits. Ils parlent habituellement l'inuktitut et l'anglais.
Ce qu'il faut savoir, c'est que comme ailleurs au Canada, nos jeunes sont parfois victimes d'assimilation linguistique. La situation n'est pas différente ici. Sinon, elle est pire qu'ailleurs.
Dans l'espace de moins d'un siècle, les Inuits du Nunavut se sont sédentarisés, faisant face aux blancs qui voulaient bien leur inculquer leurs valeurs et moeurs. Des baleiniers aux missionnaires religieux, les blancs ont laissé leur marque en cette terre arctique. Cette contribution à l'évolution, tant bien que mal, des Inuits aura des changements majeurs dans l'identité culturelle du peuple inuit.
Imaginez un peuple qui, il y a 60 ans, vivait des ressources naturelles de la terre. La chasse, la pêche, les Inuits dépendaient de Mère Nature pour assurer leur survie.
Aujourd'hui, quoique la chasse soit encore pratiquée, l'occidentalisation des Inuits a créé tout un choc. L'évolution rapide à des conséquences néfastes sur leurs traditions, moeurs, et leur langue. Aujourd'hui, dans la cour d'école, on n'entend pas les jeunes inuits parler l'inuktitut entre eux, mais l'anglais. Il s'agit là d'un signe précurseur de la disparition de leur langue mère.
Tant mieux que le gouvernement fait des efforts pour protéger son héritage et sa langue. Au cours de la dernière année, le gouvernement du Nunavut a légiféré dans le domaine linguistique. Il a instauré une politique de protection de la langue inuit. Les résultats sont encore à voir, et ceux-ci ne se dévoileront pas avant plusieurs années, mais déjà certains ont espoir que ces efforts porteront bientôt leurs fruits, avant qu'il ne soit trop tard.
Pour la cause de la diversité linguistique, je le souhaite. Je nous le souhaite.